Antarctique 

Deuxième séjour au pays des montagnes qui flottent sur la mer.

Si, si ça passe!

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Vite!, avant que les pseudo écologistes/scientifiques  n'en fassent une réserve accessible qu'à eux seuls.

 Dites-moi un peu les dommages que peuvent faire d'authentiques visiteurs sur leurs petits voiliers. Lors de notre premier voyage, nous avions évité soigneusement l'approche de toute station "scientifique", le seul des huit voiliers cette année là, à ne pas contacter une base.

 Il en sera de même pour ce troisième voyage (deuxième avec l'Argonaute), nous n'avons pas besoin du tee-shirt Palmer Station, et nous avons suffisamment de bières. Bien qu'un Bocal de langoustes de Saint-Paul,  soit bien  plus agréable avec un petit Sauternes. Et puis, ma foi, on fera glisser aussi le cuissot de mouton avec une petit rouge argentin, en faisant claquer la langue, bien amarré entre Plenneau et Hovgard. Ensuite, on fabriquera des découvertes pour les archéologues des millénaires futurs. Rien que de penser à la migraine du type qui va trouver dans trois mille ans cote à cote, au fond de l'eau  une bouteille de Sauternes, un cru coteau chilien, on en rigole déjà; tiens  on va s'en faire péter  une petite de Californie. Tu verras qu'ils croiront qu'il y avait des vignes en Antarctique!

Bien sur au programme, la visite des stations baleinières avant que les empêcheurs de naviguer en rond n'en fassent des parcs d'attractions; des musées avec pourboire ou bien ne les démontent pour rendre à la nature son état virginal. Dites moi un peu, c'est quoi la nature sans l'homme?  Quand tu vois une vierge, tu penses à quoi? et une vierge, ça pense à quoi quand ça voit un homme? L'état virginal est sans avenir. On peut très bien déflorer sans violer. Mais je ne pourrais jamais dire si la douleur de perdre  sa virginité vaut le coup qu'on recommence. Apparemment, à voir le comportement de toute l'engeance féminine du monde, ça doit pas être si inacceptable.  Voilà la nature.

On s'offre  l'Antarctique, parce qu'on peut transporter son gas-oil, ou bien qu'on le récupère sur place. Ce n'est pas avec des charentaises que tu survis en Antarctique. Moi je sais d'où  viennent le gas-oil, le plastique, l'acier ou l'aluminium de nos bateaux. Vingt ans passés dans le forage pétrolier, m'ont mis les yeux en face des trous. 

Alors, on ira visiter les stations, parce qu'on le mérite,  parce que l'essentiel est dans  la beauté du monde, et notre plaisir dans celui de naviguer. Il y a cent ans il y avait deux façons de visiter l'Antarctique, les expéditions d'explorations et la chasse à la baleine. Aujourd'hui pareil, les stations scientifiques et les petits voiliers. Il y a cent ans, nous aurions été les chasseurs. Et je suis sûr, avec plaisir.

Ces stations sont émouvantes. Ces bébés phoques poignants. Ces baleines époustouflantes. Ces icebergs vivants et inquiétants.

La bas , même les icebergs sont à la voile.

Les mouillages sont  bien abrités, le tout c'est d'y rentrer. 

 

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