Saga Africa ou plutôt Saga Delta.

Delta voiles ou les spécialistes des grands écarts. 

Tout avait bien commencé, un bon petit budget, de bonnes intentions sans aller jusqu'au plaisir de dépenser sans compter. Quoique! Nous ne voulions pas cette fois acheter chinois comme pour notre premier bateau Passage, Cheong Lee Sailmakers,  mais faire travailler nos petits français bien qu'il en coûtât. Nous étions prêts à dépenser 40% de plus afin de participer à l'effort national.

A défaut de croiser l’alpha  de Delta voiles, une première rencontre est organisée  avec un commercial lambda pour détailler un  programme beta : changer toutes les voiles sur 2 ans, génois sur enrouleur, grand-voile neuve et trinquette avec une consigne transparente: refaire les mêmes voiles, mais avec du tissu neuf. Je donne donc les voiles d'origine -  un peu fatiguées après 25 ans, des Tonnerre.

On se retrouve au bateau pour prendre les mesures, bien qu’un copier-coller suffise. Sauf pour la trinquette sur mousquetons qui n'existe pas. On sort le décamètre et en avant le petit papier.

Après un an le génois sort du l'atelier pour entrer dans son sac car je suis parti travailler chez les Africains.

On parle de la grand-voile pour l'année suivante, suivant le modèle dans le sac qui est depuis à l’atelier. Quel sac? Delta a perdu le sac.

Je repasse à l’atelier, retrouve mon sac avec sa voile dedans, exactement ou  nous l'avions posée un an avant. Mais on a perdu le petit papier, retour au bateau avec un autre décamètre pour re-mesurer le mât et la bôme qui n'ont pas changé de longueur. Les mois passent, mais je ne suis pas pressé c'est vrai nous en avons besoin pour fin juillet, je confirme donc pour début juillet.

-       Pas de problème, JP !

-    Juillet approche, dring dring dring.

-       Quoi ? la voile de l'Argonaute non non on sait pas ! C’est quoi les cotes ?

Troisième prise de mesures avec cette fois le vieux brisquard :

-       30 ans que je fais des voiles mon bon Monsieur ! une petite inquiétude que les bourrasques d’une tramontane têtue s’essoufflent en vain a dissiper, cela ressemble furieusement au discours de mes enturbannés africains - Pas de problème - est leur leitmotiv. Pour simplement dire, qu’ils n’ont aucune idée des problèmes potentiels, logiquement pour eux ils n’existent donc pas.

Tout cela respire l'organisation, nonobstant je re-re-répète:

-        - Il faut faire comme la vieille voile celle qui est dans le sac a l’atelier, mais avec le tissu neuf!

Début juillet, toujours rien. On s’énerve un peu, car l'atelier surchargé ne veut rien savoir, impossible de contacter le commercial bien sur. Petit mail au directeur, on bouscule les plannings et nous retardons le départ de 5 jours. La voile arrive. Enfin, je vais la chercher à l’atelier, signe évident de service commercial  efficace. On l’envergue :

-       Hisse et ho hardi matelot on file vers la Corse !

-       Holà matelot du calme: La grand-voile ne passe pas le pataras, trop de rond de chute.

Après 3 jeux de mesures, Delta s'est plante sur les cotes,  ils sont à côté.

Photos du massacre et retour à la voilerie, ou bien sur personne ne croit malgré les photos, néanmoins Delta consent a retaillé la chute de 10cm. On envergue et cette fois on part!

 

 

 

C'est dans la nuit en prenant le premier ris qu'on s’apercevra que les bosses de ris ne tombent plus en face des poulies de prise des de ris ! La bordure est plus longue de 30cm, en gros ,très gros la deuxième bosse tombe en face de la  première poulie de  ris , la troisième bosse en face de la seconde poulie, mais rien pour le premier ris. Nous devons installer un palan en urgence  pour prendre les ris à l’ancienne dans la nuit. Maudit soit Delta.Le premier ris avec la bosse du premier et le palan

En relâchant le second ris pour revenir au premier, nous oublions bien qu’il faut maintenant remettre le palan pour étarquer la bordure du premier, la GV neuve se déchire puisque les garcettes sont les seules a retenir le premier ris.

Réponse du commercial en rentrant:

-       - Je vous avais dit qu'il fallait changer la bôme !

-       - Je ne voulais pas, je voulais la même grand-voile avec du tissu neuf. Simple non ?

Delta refuse de payer un jeu de poulies de renvoi supplémentaires et de reprendre la GV afin de réparer la déchirure. Mauvaise foi doublée d’incompétence ou bien hypocrisie triplée d’inaptitude! En tous les cas, niveau zéro du service technique et commercial.

Delta Voiles Mauguio c'est déjà l'Afrique.

On se retrouve avec des gens travaillant a la méthode africaine, du tissu de toute façon chinois mais des prix européens, c’est l’équation Delta.

Au résultat je modifie la bôme en soudant des renvois a l’extrémité, je commande un hale bas rigide a cause du rond exagéré puis un système de Easy bag et un nouveau tangon, mais bien sur pas chez les Africains de Montpellier.

Au fait, pour l'easy bag, vega s'y est repris a deux fois, et le passage de bosse premier ne tombe pas en face du premier ris.

C'est malheureux, mais la prochaine fois, on recommandera chez Cheong Lee sailmaker, pour 40%  moins cher, taxes de douanes et d'imporatation comprises, on aura des voiles exactement comme on a demande, donc qui tomberont pile.

 

 

 

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