Le fripier

 

 

Stefan, tu me demandais l'autre jour si j'avais pas des ampoules dans la main gauche, en subodorant  que je traitasses une récurrente  encéphalospermie galopante.

En effet quand la pression s'accumule, le fluide arrive toujours en tête. Ça peut péter. C'est le kick control.

 La main droite décrivait simplement, par exemple  le mudlogger c'est un peu comme les cafards, il sont toujours à traîner la patte mais tu sais pas pourquoi. Remarques , eux non plus.

Sancho était bien à cheval sur le manifold, et sur NZ-34 y'avait bien plein d'huile mais elle se voit plus bien, sauf par ceux qui traînent les pieds, vu les 5 cm de latérite dessus.

Je suspecte  les producteurs d'avoir  fait  du mudlogging avant. Et effectivement le mudlogger même au bourbier ne meurt jamais, donc il déambule toujours. Les infirmes ça déambule.

 

Pas con ta  remarque, mais dis-moi :

-          Comment font les manchots alors pour écrire des histoires ? Et les pôvres, en lisant les miennes  peuvent même pas applaudir !

 

Question temps ? Ben j'en perds pas en causeries avec ma base, on s'est parlé 3 fois en trois semaines, pas de weekly report, pas de monthly.

J'ai essayé, un coup. Et les coups pour rien, ç'est vite lassant.

Alors  vaut mieux écrire des conneries que d'en faire.

 

D'autant que comme beaucoup de perforateurs, je résiste à tout, sauf à la tentation !

Donc je vous avez laissé sur une histoire de fishing. Mais pas le moral cette semaine,  une triste nouvelle.

Un collègue Paul,  vient de se faire sauter le caisson. On avait fait le Nigeria ensemble, putain.

Aux dernières récup , je l'avais croisé, qui souffrait le martyre

-          JP , une putain de douleur dans le bas ventre, ça remonte comme ça et ça tourne, il me montrait en décrivant le chemin avec le doigt.

 

Bon d'habitude j'aurais osé une boutade, mais le Paul méconnaissable, 20kg de moins, un zombie. Je l'ai pas dit à ma chérie elle aurait sentencé:

 

-          ça m'étonne pas de tes copains, vous périssez tous par là où vous péchez !

 

-          Merde, t'as quoi Paul ? C'est venu comment ?

-          Ben l'autre fois , je vais m'acheter un falzard, le type – enfin le type c'est une façon de parler, ce genre de type, tu sais jamais si sont pas du troisième type, le vendeur me fait :

-          Monsieur vous les portez à gauche ou à droite ?

-          Ben chais pas , à gauche, je dis au hazard.

 

A la maison, j'enfiles le falzard, et c'est là que ça a commencé. Des douleurs terribles.

Je consulte et  reconsultes les toubibs, qui disent pas de solution monsieur, Faut vous en coupez une ! Meeeeerde.

 

 Passés deux semaines intenables. Bon on a en deux, m'en restera une. On coupe je pouvez plus tenir. Putain, morphine tout le truc.

Je retourne acheter un autre pantalon,  putain même question :

-          Monsieur vous les portez à gauche ou a droite ?

-          Bon euh à droite… ? Rebelottes, putain de douleurs dans le bas ventre, ça monte et ça tourne comme ça, terrible !

Paul me montra avec le doigt .

 

-          Revisite chez les toubib, analyses, la totale et puis la sentence :

-          Monsieur pas d'autres moyen, faut vous coupez l'autre !

 

Bon j'ai tenu trois semaines,et puis trop dur mon vieux. On a coupé l'autre. Qui aurait dit qu'un jour je finirai eunuque. Merde.

 

J'étais un peu emm..bété, , qu'aurais tu dit à ma place…Putain!

 

Et voilà , je suis venu en Angola, en espérant que son truc était pas contagieux.

 

Ben ya trois jours j'ai appris qu'il s'était terminé pour de bon le con,  en allant acheter un autre pantalon, un pantalon d'ennuque  ouais c'est pas les mêmes.

Quand t'as plus rien dans le pantalon, en général dans ce cas, c'est que  t'es manager, mais nous on est pas habitué tu comprends.

Ben il est entré chez  un autre  fripier, et le type lui a demandé

-          Monsieur, vous les portez à gauche ou à droite ?

-          Maintenant je m'en fous un peu et j'ai plus mal, mais pourquoi vous demandez tous ça, a dit Paul.

La fripouille – d'où le nom de tous les marchands de vêtements, fripiers de tous poils, donc la fripouille aurait  répondu :

-          Ben voyons Monsieur, vous savez bien, si vous avez une braguette droite et que vous les portez à gauche, ça va vous faire une douleur comme ça dans le ventre qui remonte et qui tourne ….il a montré avec le doigt …

 

Plus de Paulo. Amen !

J'en connais une qui dirait là :

-          Je me demande parfois, JP , si les hommes n'ont pas la cervelle situé dans leurs petites noix.

-          Meuh non, chérie ! ai-je  rassuré d'une voix ferme.

 

En suivant son raisonnement, on subodore pourquoi les femmes sont un peu plus intelligentes, pardi, la boite crânienne ça contient plus que les roupettes.

 Ça me rappelle que notre prof de physique en prépa, disait déjà :

-          Mais qu'est-ce qu vous avez donc dans la cervelle ?

D'autant plus inquiétant qu'à l'époque y'avait que des mecs dans la classe. C'était une femme.

 

Ah oui le fishing , encore un coup des géolocos.

Faut savoir que le forage c'est un peu comme le jeu des 7 familles.

-          JP à ton tour !

-          Dans la famille logging, je demande la résistivité !

-          J'ai pas, Denjean pioche.

 

Bon ici, sur KB700, c'est pèche !

Le géoloco,  le pocket y croit  que c'est  dans les pantalons. Tiens faudra voir s'il a pas un pantalon de manager. En plus y sait que j'aime pas que les types y traînent avec les mains dedans. Ouais, c'est un coin où on laisse tomber toutes les saletés qui traînent. Et personne aurait l'idée d'aller tremper son outil dans des coins malpropres n'est ce pas ? On parle de forage hein.

Ben les géolocos si.

 

Le bleu Schlum, pas contrariant, plongea de bon cœur dans l'argile gluante qui reposait au fond. Surtout qu'on savait depuis depuis voyons ah oui depuis une semaine qu'on forait de  l'eau, elle avait rempli le réservoir objectif. Le réservoir engineering , c'est un métier.

 

Tu me diras, un FMI c'est un peu con, comme truc, z'avait qu'à rajouter un racleur au bout merde.

 

Donc nous, couillons de foreurs, si si le géologue l'a dit, on avait foré une poche pour rien.

-          Que tu fais dans la vie JP ? m'ont un jour  demandé les copains

-          ça dépend, des fois je fore de l'eau et des fois des poches avec de l'argile au fond. On trouve pas beaucoup de pétrole.

-          Mais  ça gagne bien ?

-          Ma foi,  on m'a dit aussi  que certains s'en mettaient  plein les poches.

-          De l'argile ?

-          No Cogno, l'or en parachute, c'est indexé sur le budget, pas sur les résultats, merde, lis les infos !

Moi, avec l'argile je pourrai toujours faire potier. Pas mal comme carte, JP Denjean foreur potier.

 

Donc notre géoloco se planta profond, mais le plus, comment dire,  incroyable, non, sidérant, ouais c'est ça sidérant, ça donne plus une idée de l'infini, je vous le conte par le menu.

Le menu c'est bon, à la fin t'as le dessert. Je veux dire le vrai dessert. Pas la sucrerie de fin de repas, ni les débats d'au revoir, mais les ébats qui suivent ensuite, quand elle perdu ses défenses et qu'elle te fait des douceurs pas possibles.  Mais dérapons pas, maudit clavier !

 

-          JP, we are stuck, dit le Schlum en jaillissant dans ma cabine.

 

 

Je vous le fais tout en français, et effectivement, dès potron-minet à 6.30, nous sommes bien collé. L'outil bouge plus d'un pouce, vers le haut. Vers le bas on peut pas non plus vu qu'on touche le fond.

Notre geoloco David, avec ses 30ans de présence dans le business, j'ai pas dit expérience hein, l'expérience c'est ce qu'il te reste de ta présence, l'expérience c'est un peu comme le reste pour une division, proportionnel au quotient.

Oui avec intellectuel ça fonctionne aussi.

Tu divises par deux, t'as rien qui reste ou t'as un qui reste, tu divises par 150, le reste se situe entre rien et 149. Ce qui est pas mal pour un quotient intellectuel.

 

Le David  donc, c'est pas un Goliath du forage. Ou alors un géant au pied d'argile.

A 3 dans la petite cabine Schlum nous voilà à envisager les plans, Coupe et visse ou bien pèche à la tige. On vérifie notre boite de pèche, car pour l'instant on joue avec le câble électrique comme un pêcheur à la mouche. Goliath compte les points.

Au bout de quatre heures, le géant se lève :

 

-          Bon les gars, qu'est que vous attendez pour remonter au sabot ?

Regards dubitatifs du company man, c'est moi,  incrédules les deux schlum sont KO assis.

Quelques secondes, puis le schlum se dévoue :

-          On est collé et l'outil se ferme plus.

-           Bon eh ben  remontez dans le casing pour le fermer !

-          On est collé, no up no down, dit le Schlum calmement sans s'esclaffer.

-          Remarques no down, c'est normal là ! je réponds.

 

Ensuite tout fut normal, Je choisis le système classique, car avec les nouveaux articles de pèche, c'aurait été moins commode, vu qui passait pas dans les 3 ½, le spécialistes des bleus Schlum oublia son nogo nipple, qu'on remis à temps, sauf qu'on aurait pas du, puisque le socket du weak point passe pas à travers.

Leur procédure, ils la connaissaient pas, alors on a re-inventé la roue ! Méthode du double nœud, méthode du double clamp, et méthode de la KB dite « méthode du simple nœud » à la remontée, faut pas doubler les nœuds dans les tuyaux, tout le monde le sait, ni essayer de passer de gros nœuds dans des petits tuyaux. D'ailleurs ça passe pas.

 Le simple nœud c'est 6 std/heure en remontée.  4 jours l'aller retour pour une partie de pèche à 2 kilomètres, ma foi. On n'est pas des manchots. Ouf, comment dirait Stéphane, sinon on pourrait plus écrire d'histoires pardi.

 

Pendant ce temps, nos ingénieurs cogitaient …bon à la semaine prochaine, je suis en retard de rapport….

 

Bon allez semaine normale en résumé:

Un cut & trhread, un waiting on truck durant la cimentation, une réparation de tete de puits en osier – en France on fait des paniers avec,  une attente tbg cutter 4 jours, pour un cutter qui coupe les tubings pourris qu'à moitié, une remontée d'outils pour bit balling, non deux, une conduite HP en papier job (pour les nouveaux, ça marchait avec un roule clopes) , non deux, voir méthode driller, un BOPV qu'on sait pas a quoi ça sert -les bleus- , parce qu'on peut pas lire la notice pendant qu'on glande dans le camion, le bleu, un arrosage d'équipiers en mettant en route la pompe avec les clapets ouverts, eh ho, j'étais sur l'Idéco, un type coincé en l'air avec le cable man riding dans la poulie schlum, je passe les petites conneries sinon j'aurais encore du retard.

 

On fait un métier formidable et riche en surprises.

Bon courage et à la semaine prochaine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                         

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