La fin de l’empire ro…méricain ou la chute des nos illusions.

 

Si si il en reste encore, des illusions, ce qui à vrai dire maintient notre bonne humeur. La semaine avait commencé pas trop moyen, un peu  comme ça :

-       Mais on n’en a rien à foutre de toi !

Ce cri du cœur  concluait nos échanges de poncifs matinaux et nos digressions sempiternelles sur la pénible condition des troupes régulières face à  leur cohorte mercenaire.

Tu remarqueras que, faisant face à l’ennemi,  le mercenaire se trouve ainsi en sandwich entre le belligérant,  le contracteur quoi, sur le devant, tel une sangsue crochue nécrophage,  et les réguliers, derrière donc,   mais de face eux. Tu peux être  zigouillés des deux cotés.

La sentence,  dès potron-minet,  augurait mal  d’une journée lugubre et aussi précaire que notre destin limitrophe.   

De bon cœur, j’entendis peu la remarque jaillit d’un inconscient dévoilé, en me disant qu’on rangerait dans les sauvages d’en face les préjugés de tout poils, conscients ou subliminaux. A cœur vaillant, rien d’impossible comme disait le cousin Brayard.

Quand tu es un peu grande gueule, le nombre de barbares valide ton courage. S’il faut se méfier des grandes gueules, il  faut encore plus se méfier des préjugés à l’ encontre des grandes gueules. 

Mais les cow-boys de la semi submersible Daimond Ocean Valiant  (DOV)engolfaient déjà dans les tourments.

 La tourmente brouillant et brassant leurs petits ciboulots racornis et stériles, pour la première fois de leur existence ils quittaient leur anse mexicaine et pensaient béatement en arrivant en Angolie, rabattre  une poignée de péons, d’un coud de fil, Hé !

 Putain,  même dans les Landes  t’a plus droit au filet à palombe. Les pigeons sont libérés ; dans la brousse  indigène, ils ont été supplantés par  de rapaces  vautours.

L’ennui c’est que les garçons vachers, Gentils Imbéciles  ,  nous entraînaient dans leur déconfiture, incapables d’escompter, de réagir sans l’appui de la 7 ème flotte.

Tu me diras, un porte-avion qui porte rien et encore moins d’élingues, peut-il dépoter d’autres trucs que des empotés ? Réussir une seule manœuvre ?

Ben non mon pote !

Leur plan sur la comète s’en est Halley avec elle. Au coup de canon, ils restèrent atones, engourdis  immobiles sans leur piétaille aborigène. Telle une palanquée de pithécanthropes abasourdis, réalisant tout à coup que John Wayne était mort en ayant oublié les africains dans leur génocide purificateur d’indiens et autres autochtones infidèles.

Imagine, de ce temps la, ils génocidèrent   des vrais américains tout rouge en croyant que c’était des indiens tout jaune.  

Le british se congestionne rapidement dans le futile, alors mon pote, suivant les préceptes de Simon de Montfort campant devant Béziers, les indiens  ou les indous, hein, les cathos ou les cathares : tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens.

Bon c’était en 1209. Quand tu réfléchis bien, c’est quand même grâce à des détails comme ça, que tu apprécies la constance dans l’histoire humaine, la ferveur des intégristes de tous poils ; et l’avancée des techniques humaines.

22 000 qu’y z’étaient,  les détails sur le bûcher. Faut du bois merde. Depuis, y a plus d’arbre autour de Béziers.

Ben chez les cow-boys, y a eu encore plus de détails.

Fallait pas mal de chênes lièges, rouvres ou pédonculés dans le Biterrois, simplement parce qu’on avait déjà tout bouffé les vautours, et les francs  pouvaient plus nettoyer leur barbecue cyclopéen de cathares impies. Bien propre comme les charognards au Texas.

Des rapaces je te dis,  ces types du midi.  

 Comprends bien, leur Gulf Of Mexico, GOM à la gomme, c’est Hassi Messaoud, y’a trente ans mais avec de l’eau salée, le désert est marin, mais  y  travaillent toujours comme des bou......sarrasins merrdeuuhh  JP, un coup de langue en  bois!  y travaillent comme des …euhh,  des manchots.

Et c’est pour ça qu’on se comprend pas bien avec nos amers loques interloqués.

En effet, comme ya plus de VHF,  soit ils mettent le manchot au sémaphore et forcément y manquent des lettres dans les transmissions, soit ils mettent deux manchots compatibles, enfin complémentaires, les messages sont bons, mais t’as deux fois moins de pingouins pour travailler.  

Imagine quand ils foutent deux manchots gauchers, t’as que des voyelles, ça fait eskimo, ou alors deux droitiers et  t’as les consonnes ;  ça ressemble au fugéen-  chez  les indiens de terre de feu.

Dans tous les cas, on comprend rien et on n’avance pas. Ce qui en soit est normal pour une semi ancrée.

Ainsi quand t’es nul dans les écritures, tu passes à la manœuvre.

Et là mon vieux mais là !!!

Les  rares quidams à deux bras présents sur notre périssoire ont deux mains gauches au bout.

Ah ah, tu comprends maintenant pourquoi les américains ont inventé les roustabouts en fer hein. Putain ! Comment tu ferais avec la clé de droite et deux gauchers, hein comment ? 

Mais la manœuvre était malgré tout  bien partie. C’est a l’arrivée que ça allait plus :

-       Company man call rig floor, company man call rig floor!

Tiens, les conneries commencent. Vous avez tous pensé pareil hein.

-       Yes, rig floor.

-       We have a problem here.

-       Sans blague.

-       ---  -- ?????   (L'amerloque c'est comme le british est monolingue).

 J’ai toujours aimé ce sens prémonitoire qui subrepticement se révèle au fil des séjours, peu à peu s’immisce dans ton instinct et enrichit ta sapience. Car le company man, le bon,  a six sens. Il voit par delà le non-dit, suspecte la bête trouble et hideuse tapie  dans le lendemain, subodore le problème qui attend le tournant, révèle le cossard 

Comme on verra plus tard, ce sens s’émousse très vite, en grimpant l’escabeau social.  Plus haut, les prévisions s’y racornissent à l’instant suivant, on conjugue le futur immédiat, on évolue dans un monde où les procédures s’écrivent à posteriori,  les comptables sont à la peine, a créer des cases et des boites imprévues. Serions-nous psychopathe, à trouver notre plaisir dans le déplaisir des autres ?

 

-       Monsieur  Denjean comptez, s’il vous plait !  lançait déjà le maître d’école ;

 

Mon grand-père, m’avait inculqué, que je n’avais de compte à ne rendre à personne, je partis donc  à  conter une bonne histoire à la classe.

Je récoltais les cents, ce qui  me dégoûta à jamais  du métier de comptable. Pour finir tout compte fait superintendant!

 

Bon, je me suis laisse emporté par le clavier encore. Et je conterais l’histoire hard de Rocco le softouère, et de la noria de notre armada au prochain épisode.

 

 

 

 

Argonaute III