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La Pompe paka paka
Au dernier rapport nous
allions attaquer la cimentation normale. C’était sans compter avec le grand
concours land rig Soyo, avec en maillot jaune aujourd’hui, haut la main, Halli
baba et ses quarante
dormeurs.
Y’a la maillot de la plus
grosse, le maillot de celui qu’en fait le plus, le maillot de celui qu’en fait
le moins; chaque semaine, on change de leader, parfois même chaque jour. Je
parle des conneries.
Mais avant je reviens
sur l’Ideco, où nous étions en train de faire le Pressure test mou.
-
Meuh si,
vous connaissez. C’est un peu comme les méthodes de contrôle de puits, la hard
shut-in et la soft. Bon, heureusement ici, ça n’arrive jamais parce qu’on
contrôle pas grand-chose.
C’est même pour ça
qu’avant on s’appelait contrôleur et maintenant superviseur. On fait le même
boulot dis donc. Quoique ici, depuis depuis.. il soit passé pas mal de types
super, mais pas tellement viseurs.
Donc on voulait tester le
casing, des fois qu’au deuxième bouchon d’abandon numéro un, il fut étanche.
-
Eh Cogno,
l’Ideco, c’est un rig, comment dire pour vous qu’avez des rig normaux, un peu
comme un clairon comparé à l’orchestre de Montpellier. D’un côté, y’a qu’un
côté, mince, y’a qu’un tuyau, de l’autre une harmonie, une usine à gaz si tu
préfères. Même que des fois, nous, on se mélange le tuyau.
-
OK, je
bonifie ! y a plus d’un tuyau, mais tout juste.
Donc on commence par le
pressure test mou.
Pour monter en pression
jusqu’à 600psi, on y va avec la pompe de forage. C’est son nom, bien qu’on fore
jamais avec l’Ideco. C’est comme ça. Mais là, tu pompes pas dans le puits mais
direct dans la paka-paka. Ça s’appelle test mou parce que dedans y’a un
caoutchouc qui s’étire, ça fait élastique, c’est le mou du truc.
Paka-paka,
c’est le nom local de la pompe vide-cave à air. La paka-paka c’est solide. Mais
je sais pas jusqu’où, parce que hier soir, j’ai renvoyé illico tout le monde au
camp.
Pour être franc, c’est pas
vraiment son nom à la pompe à air, car on abrège un peu tout par ici, les
procédures, les profondeurs, les temps et mêmes les cervelles…. C’est
d’ailleurs au bruit qu’on comprend son patronyme : quand tu branches l’air, en
réalité la pompe fait : « Paka, paka, pakata, Takapa takapa takapa takapa…. ».
Normalement elle sert à vider la cave en début de trou. Normalement version
normale, bien sûr.
En réalité vrai, si t’as
un peu l’oreille foreur, t’entendras le vrai son, qui te sert aussi pas mal à
savoir ce qui se passe EN VRAI !
Et en vrai, ça fait
« takapa faire de conneries, takapa faire
de conneries, takapa faire…. », car elle sert
normalement, normalement version locale, suivez merde !, elle sert à re-pomper
tout ce qui déborde et qu’aurait pas dû. Donc elle sert souvent. D’autant qu’on
a pas de flowline et qu’on passe par la cave.
Ma femme l’avait dit :
-
Tes copains
c’est tous des saoulards. Même quand ils n’ont pas de cave, faut qu’ils la
vident !
-
Là chérie,
c’est toi qui bonifie !
Bon j’ai lui ai pas dit,
y’sont pire que ça mes copains, parce qu’elle pourrait me mettre dans votre tas
….et donc moi, me la mettre sous le bras. La pompinette, restons humble. C’est
une expression, hein, chuis pas africain.
A la fin des fins, le
caoutchouc étant fatigué, on a remplacé la paka-paka qu’avait eu un coup de
pompe. Vous connaissez maintenant l’origine de l’expression.
-
Senior
Jean-Pierre, Senior Jean-Pierre, de Kappa B !
Tiens, ça merde sur le KB.
Y’avait une heure qu’on était peinard. C’était pas normal.
-
Si anda.
-
Tenemos un problemo.
-
Sans blague!
-
Que dice
Jeffe Maximo? Jeffe maximo, c’est aussi mon nom.
-
Nada, Que pasa?
Ça
peut pas être trop grave, car d’après les lois de la statistique, je peux pas
avoir plus d’un blow-out à la fois. Et comme j’en ai déjà un.
D’ailleurs c’est pour ça
qu’on parle des règles de l’art en forage. Les mathématiques s’appliquent pas
toujours.
Tiens, moi j’ai plein de
trucs négatifs sur mes rigs, ben t’as beau multiplier les emmerdements, ça reste
toujours négatif. Le positif c’est qu’on s’amuse et qu’on roule pas mal aussi.
-
Vous avez
tous, dans le forage, un petit caillou dans la tête ! elle dit ma douce.
-
Un caillou ?
-
Je veux dire
un grain, mais gros, pour aimer autant un métier avec autant d’emm..bètements.
-
Meuh non,
chérie. Des fois ça marche bien. Si si. Entre les emme…bêtement.
Bon OK je bonifie, le
blow-out il est interne, NZ-12. Ça se voit pas dehors. Mais quand le pétrole va
couler au robinet, va falloir sortir la valise Nigériane, sinon je vais croupir
au fond du bush, les gars. L’an dernier, petit cratère sous l’ideco, avec
de la bonne huile pure et non gazée qui sort par derrière le casing,
- Si t’es pas une
gazelle à deux pattes, méfies-toi tout de même des trucs qu’arrivent par
derrière. Bé, aussi si t’es superviseur!
On sait pas où elle va
l’huile, elle se perd sous la sub et repart vers les tréfonds. On risque de la
retrouver dans la salade.
Vite vite, Hallibaba noie
tout ça dans le béton de surface, une pincée de calcium chloride, le sel quoi,
c’est pour assez zoné la salade. Et hop ni vu ni connu. Pour vous dire, le
puits voisin qu’était mort, le NZ-37, ben nous on l’a ressuscité, 140m 3 en deux
demi journée à coups de camion et toujours 1100psi en tête. Je vous avais dit la
cour des miracles.
Eh ho ! Sans dégazeur ni
séparateur, puisqu’ yanapa.
Ah oui, c’est sur ce rig,
l’Ideco 350, qu’on s’essaie au mouvement perpétuel.
Pour les math vous saviez,
ben la physique non plus s’applique pas toujours bien ici. Ainsi, étant un peu
au Moyen Age, on est en bordure de l’espace temps. T’as pas besoin de bûcher ta
relativité générale. Ni restreinte. En Angola, t’as la preuve que l’espace est
bien courbe. D’ailleurs tout est courbe. Les routes, les cases,
tout ! Mêmes les tiges sont tordues. Toutes. Si si, et pas mal de têtes aussi.
Et pas que de levage.
Donc voici l’expérience,
qui tourne avec succès depuis 5 mois. Au moins.
Tu prends un rig de Work-over,
t’enlèves une complétion, tu remplaces les vieux tubings qui sont dedans par des
vieux tubings qui sont dehors.
-
Mais non,
merde, faut suivre, pas ceux qu’on vient de sortir, ceux qui sont restés un peu
sur le parc.
Sans bouchon. Mais ça,
c’est pas exprès, ya plus de bouchons.
-
Eh ho ! On
les nettoie quand même. Au tuyau d’arrosage ! Sur le parc, l’eau est courante,
pas le courant.
Ensuite, l’Ideco s’en va
voir ailleurs. Quand la beam pump redémarre, bien sur elle se bouche. Mais pas toujours
de suite. Des fois, faut une heure. Alors on revient sur le
puits, remplacer les vieux tubings qui sont dedans par ………Ça tourne bien les gars.
Bon on fait bien, la
ligne d’export pour 70,000bbl/j qui marchait très bien avec 14000 depuis 2
ans ; maintenant, à deux mille, indigestion, elle gonfle. A mon avis, les pompes
d’export, ça doit être des frangines aux paka-paka, parce qu’elles digèrent mal
la paraffine.
-
Tu veux pas
que je te passe kèkeues bouchons de cimentation ? ça pousse bien le béton
multiphasique d’Hallibaba.
Le type a pas rigolé.
Merde la paraffine, elle va sur les pots de confiture, on l’avale pas. Ben les
pipes non plus dis-donc. On peut pas leur faire avaler n’importe quoi.
- Putain, vous avez l’esprit
tordu, les mecs. J’ai dit les païpes, pipeline, païpe laïne!
Ou alors, le nouveau du
magasin, le mec qui croient que les bonnets se mettent sous le casque, quand il
a vu racleur sur le requête, il a du croire que c’était un rappeur de caniveau.
Voilà où j’en étais en
roulant vers le KB700. Il est plus gros que l’Ideco350. Les emmerdements aussi.
Normal. Une histoire de volume. Comme les volumes ça marche au cube, la
puissance trois, les emmerdements itou. La loi marche pas avec les
rigs neufs. De loin, je vois six types
affairés sur mon unité de cimentation. Probablement, la mixing pump a eu un
coup de pompe aussi. En tous cas, elle pompait plus, c’est une vieille dame
fatiguée, cette unité.
- Attention, j’en vois un
qu’a la pensée lubrique encore. Dérapons pas les gars!
Et reprenons la
cimentation. C’est une litote hein ! Quand tu reprends une cimentation, elle
est déjà à moitié ratée.
Chapitre des règles du
pouce, rappel de la règle des moitiés : Un truc à moitié fait,
c’est un truc pas fait du tout.
Hier donc, on commence à
mixer, après les préliminaires habituels. On a tendance à l’oublier, faut pas
négliger les préliminaires, sinon ça rate, ça fait job à moitié fait. On parle
des cimentations hein ! Mixing, peson, échantillon
de ciment dans la bouteille.
Bon, y sont un peu emme..nuyé,
les gars, pour faire tenir le bout de bouteille debout parce qu’ils ont bien
coupé la bouteille de Carvalhelhos en deux pour emporter l’échantillon ; mais y
z'ont jeté le côté du bout. Du bout normal, le bon, le cul quoi ! Normal pour
nous. Remarques ça me permet de contrôler la densité, le 1.9 fait sauter le
bouchon pas le 1.55.
Si t’as pas mis le
pantalon par-dessus les bottes, le ciment va dedans, ça fait flotch flotch.
Bien sûr le boueux s’est
mis de l’autre côté du batch mixer. Y croit que je vois pas à travers, qu’il ne
sait pas utiliser la pompinette de la mud balance. Y gueule dans son casque,
qu’à plus de piles bonnes, ouais, les hallibaba portent tous des casques avec
micro, comme à la Nasa. Mais ils s’entendent pas bien, ya plus de pile. Alors le
boueux il gueule. Enfin, moi je l’entends un peu quand même parce que j’ai pas
le casque VHF sans pile.
J’ai sorti la craie comme
du temps de Nabuchodonosor, pour qu’il écrive sur le batch mixer 1.78. Mais
c’est pas bon non plus, parce que le pompeur Hallibaba, y sait lire que les ppg.
-
il faut lui
écrire en ppg ! je crie dans l’oreille du boueux en soulevant ses écouteurs.
-
Pas de
calculette, me fait signe le type.
Heureusement qu’on est
loin du bourbier, je peux pas le balancer dedans. Le mec est plus gros que moi.
Sans compter le poids de la connerie. Donc très lourd.
-
C’est sur la
balance déjà !
-
Ah merde
oui ! qui dit, et le mec se contorsionne le cou pour voir par-dessus, de l’autre
côté de la balance, et pardi, il voit les chiffres à l’envers.
Je ris ou je pleure ?
Putain je ne peux pas partager avec vous ces moments uniques et inoubliables.
Superviseur, c’est un métier solitaire!
Au début, je lui ai dit :
-
Tourne la
balance !
-
Peux pas, le
ciment va tomber par terre, il a répondu, effaré en se tapant la tempe avec
l’index. Surtout qu’il avait déjà rempli les bottes.
Je lui tourne la balance,
gauche droite. Les types, tous médusés me regardent, ils peuvent regarder les
chiffres droit, je viens de gagner 10 points de plus dans leur estime. Les types comprennent d’un
coup pourquoi je suis superviseur. Moi aussi.
Deuxième tentative,
2.11 ! Si si , le mec a oublié d’ouvrir la mixwater du mixing tank, pardi, ça
fait dans le pâteux.
D’un coup ouf, putain on
s’entend mieux. Les types ont pas enlevé les casques, le moteur de la mixing est
en rade. A nouveau. C’est pour ça qu’on entend mieux les chiffres pardi. C’est d’ailleurs aussi à
ça qu’on reconnaît la densité du laitier, à 1.9SG. Soit le boueux a du ciment
plein les bottes, a cause du bouchon de la Carvahlho, soit la mixing est tombé en
panne, ça se joue au point près. La mixing c’est plus sûr surtout avec le
Calcium chloride.
Allez, tout au bourbier.
Attente mécano.
Soyons positif, après
trois mixing tank volumes au bourbier, il est étanche. Le bourbier. Les bottes
du boueux aussi.
-
Putain,
c’est le casing que je veux cimenter, les mecs!
Ma femme le dit souvent.
-
JP pourquoi
tu veux toujours pas faire comme les autres ? A Rome, comportes- toi comme un
romain.
-
Mais chérie,
c’est moi le représentant de Rome quand même, les barbares c’est eux !
Mais c’est pas fini. En
fait c’est même pas encore commencé. Donc sur l’unité,
affairés, un mécano, un électricien, un hydraulicien, deux cimentiers, un
superviseur (Hallibaba) et un company man.
On va jouer serré.
C’est marrant, ils
m’appellent jeffe (chef) Maximo ; on est presque dans Gladiator. Pas encore gladiateur
mais déjà mercenaire. Sur ces bordures de l’empire Africain, le général des
légions Total, m’a envoyé mener ces campagnes de 50jours, on les exécute en 35.
Peut-être qu’un jour, au lieu d’une paire de cohortes, ils me fileront une
légion. Qui sait ?
En attendant, ça ressemble
furieusement à l’expérience du général Domitius en train de vouloir construire
un pont sur l’Orb à Béziers, avec une armée de barbares gaulois, il y a pile
2000 ans. Les équerres en
bois, les types en faisaient des barbecues. Merde, comme ici dis donc. Fallait
qu’il empile des pierres carrées, dans un monde où il n’y avait pas de droites.
Des légions d’antan,
j’avais emprunté une maxime à César :
-
Chef,
Houston ou Vélizy, les quartiers généraux d’alors, merci patron ! Je préfère
être le premier dans mon village que le second à Rome.
Je mène les batailles,
avec les armes dont je dispose. Les gagner, sont mes récompenses exquises. En
plus les types me payent pour ça. Lorsque je perds, je rumine mes doutes, avale
mes fautes et digèrent mes errances.
C’est amer. Sans amertume
point de douceur.
Ah oui, 2000ans après, on
roule en voiture sur le pont Domitius à Béziers. Saurons-nous les gars,
nous aussi, construire des choses éternelles ?
Là, je parierais pas ma
solde. Ainsi nous....
-
John, the
pump is OK!
C’est
le superviseur Halco, du pays des cow-boys, y peuvent pas prononcer des mots à
plus d’une syllabe, Alors; Jean-Pierre c’est John.
-
John, the pump is OK!
-
Déjà?
-
Sorry what?
-
Nothing guy! Last cement job, we wait 4 hours for the same repair. Down
to two today, great learning curve!!
J’ai
pas dit qu’il aurait mieux fait de réparer la pompe entre les deux jobs. Même
les cow-boys sont localisés.
-
Hey Quiqui,
avec ce qu’on a envoyé au bourbier, faudrait rallonger la mixwater, sinon on
devra
pomper l’impompable !
-
ça va
aller, JP.
Ouais ça devrait aller,
j’arrondis toujours les virgules, de façon à en garder toujours un peu sous le
coude. Les foreurs sont bons pour garder les trucs sous le bras, on l’a vu.
Ce qu’on sait pas encore,
c’est que le laitier allégé va bien porter son nom. Je suis un peu couillon
aussi des fois, j’aurais pas dû foutre la bento dedans.
Le paradoxe rigolo, à
Soyo, c’est quand tu dis à un type :
-
là tu vas
faire une connerie! Ben elle arrive quand même.
-
Mais là où
y’sont plus fort que toi, c’est qu’ils trouvent toujours moyen d’en rajouter une
qu’est pas au plan.
Au fait, les ingé,
-
Au
programme, faut JAMAIS écrire ciment allégé à la bentonite, sinon eux, ils
l’allègent deux fois !
Alors à la fin, t’as plus
de mixwater et il t’envoie en douce, la flotte de la pompe à incendie, qui
heureusement est douce. C’est pas trop grave pour la pompe, à incendie, pas la
mixing hein, car elle a plus de tuyau. On l’a explosé hier au firedrill. C’était d’ailleurs un peu
ma faute parce que j’avais eu l’idée sotte de faire un vrai feu. Le grenu, selon
ma psy bien aimé, je l’ai déjà dans la tête. Le prochain feu, je le ferai pour
le barbecue, on aura du temps pour éteindre, le cabrito ça cuit longtemps.
Résumons le lead slurry :
Avantage n° 1 : Sans
bentonite, le laitier prend plus vite, tu pourras poser les BOP plus tôt.
Inconvénient, t’as plus personne pour contrôler la densité, le boueux est
parti vite nettoyer ses bottes, puisque le laitier prend plus vite sans
bento.
Avantage n°2 : Le
lead, qu’avec de l’eau et sans ciment,c’est léger. D’où son nom.
L’autre inconvénient du
laitier multiphase le voici.
Comme le densimètre
Hallibaba, marche qu’à moitié, voir plus haut la règle des moitiés, et que t’as
plus de boueux, des fois t’as l’impression que tu pompes de la mousse. C’est
l’Afrique, t’es sûr de rien. Les types qu’on dit, ou même pensé :
-
Mais où il
est ton accrocheur pour prendre les densités ?
-
Ben merde
faut suivre, il est en train de t’envoyer l’eau d’incendie, sinon tu pomperais
de l’air.
D’où la mousse ou le
pâteux. Je blague, des fois il est au casse-croûte, l’accrocheur. Et
c’est même pas la fin. Nous arrivons à la botte secrète de Hallibaba : le
laitier multiphasique. Là, va falloir s’accrocher. Pour ceux qui sont montés sur
la planche à singes, ce sera plus facile.
Pour passer du lead au
tail, la procédure normale, je la rappelle. Tiens c’est comme dans la
vie dis donc, on commence par la tête, on finit avec la q…merde, 3.5 semaines,
je dérape.
Donc, je rappelle :
Tu touches deux vannes
pour passer du tank mixwater lead, à la mix water tail, qu’est dans le batch
mixer. C’est tout! T’attends que la
densité passe de 1.55 à 1.9, t’appuies sur UN bouton pour dire à la machine,
je veux ça, puis tu pompes. Point. Donc normal pour nous : 2 vannes, un
bouton, 2 minutes.
Attendre, chez nous c’est
rien faire. Pas ici.
Maintenant la Procédure
en mode normal local.
Tu resettes le computer,
pour pas qu’on voie sur le chart que tu tripotes les vannes automatiques. Le
computer paumé, le mec, y ferme la vanne automatique mais l’humain, lui il
ouvre la vanne manuelle. Le computer qui met 45secondes à se réveiller, se
retrouve donc dans la gaze, il ouvre, le ciment arrive. Ouf !
En principe.
En vrai, l’autre mec en
bas a fermé le silo. Le computer, y voit plus de ciment il ouvre, pour compenser
le type ferme la manuelle, rien arrive, on coupe l’eau. C’est la phase solide.
Signe au type du silo, il
re-ouvre, un putain de bouchon de ciment arrive dans le mixing, vite Kiki ferme
la manuelle, le computer qu’est africain attend de voir, lui il s’en fout y
regarde la densité....Pardi l’eau est fermée. On sort le tuyau. On est paumé, là
ça devient pâteux, c’est la Phase pâteuse, on resette le computer.
Le laitier de tête, lui,
s’est perdu dans les tréfonds sans attendre la queue. C’est normal, y’en a pas
mal d’autres qui perdent aussi la tête pour une histoire de queue !
On ferme toutes les vannes
sauf l’eau, le computer agite désespérément sa vanne automatique, l’eau déborde
dans le bac pompage, à cause du pâteux qui remplit le bac de mixing. Y’a plus que de l’eau,
c’est la phase liquide.
Au bout d’un quart
d’heure, si si, juste au moment où tu vois par hasard, 15.8 ppg, t’envoies. Allez c’est parti. L’autre
re-sette le computer.
Après c’est facile, c’est
comme ça, jusqu’à la fin : phase solide, phase pâteuse, phase liquide, reset,
phase solide, phase pâteuse, phase liquide, reset, phase so..…….C’est le laitier
multiphase.
T’oublies pas de rappeler
deux fois, au pompeur que le plug arrive près du collar. Mais lui, plus malin,
il oublie trois fois. On bumpe à fond la pompe. Bon heureusement, à l’oreille
t’entends le moteur qui s’écrase, Comme le plug au fond. Tu lui tires un coup de
pompe dans le tibia. Il arrête la pompe. C’est la procédure. Ah, faut
changer de place a chaque cimentation, pour reposer le tibia du cimentier
pompeur.
Avantage: T’es direct à 2500psi pour le test en pression.
Inconvénient :
Si t’es en 13 3/8, mais faut voir le positif, t’as augmenté le
drift. C’est bon.
-
Dis-moi
Kiki ; planteur de manioc c’est pas plus simple que pompeur de ciment des
fois ?
-
??
Pour la fine bouche ;
comme il y a des choke et des super choke, chez Hallibaba, ya des low-torq
automatiques et des low-torq super-automatiques.
La vanne automatique est
contrôlée à distance par l’opérateur ou par le computer.
La vanne
super-automatique, est une vanne manuelle qui se ferme toute seule. Ou s’ouvre
toute seule.
Si si. Même que tu sais
jamais, si elle est en position manuelle ou super-automatique, vu que c’est
jamais la même qui se ferme toute seule, et que personne jamais voit quand elle
se ferme. Ou s’ouvre. Personne !
Sachant que parfois, le
boisseau est monté dans le mauvais sens, l’indicateur est un indicateur
qu’indique quedalle, et surtout pas en quel mode elle est.
C’est pas clair ? Bon !
Exemple :
Soit une unité
Halliburton, choisis une vanne lowtorq lambda, si elle est en position
fermée mais que le boisseau, dedans, est à l’envers elle est ouverte ou
fermée?
-
ouverte.
-
Bravo,
mais facile.
Par contre si elle est
en mode super-automatique, elle est donc soit ouverte, soit fermée, mais
suivant la position de l’indicateur, donc du boisseau dedans - à l’endroit
ou à l’envers -, elle est donc soit fermée, soit ouverte.
Facile merde !
Nous on est malins, on
simplifie, on pompe, si le moteur cale, elle est fermée. Mais pas
obligatoirement la vanne lambda que t’as choisi au début.
Sauf si tu compliques
comme lorsque tu fais un test mou, c'est-à-dire pomper dans une autre pompe.
Pomper dans la paka paka, c’est mou-mou. Pomper dans la pompe de forage c’est
mou-dur, pomper sur une low-tork en position super-automatique c’est dur-dur.
Tout est dans la nervosité du manomètre.
Allez salut, ya que du
vrai sauf le nom des personnages. La prochaine fois, l’histoire de la géologie
A conter sans compter. On a un métier formidable, plein de surprises.
Jean-Pierre, jeffe maximo,
Mercenaire gallo-foreur.
PS1 : Ah, dites pas à ma
femme qu’on s’amuse beaucoup, sinon, bonsoir le repos du guerrier.
PS 2 : Zéro en statistique
le JP : je crois qu’on a une 2ème éruption. Enfin la deuxième ce n’est pas toute
à fait une vraie, la tête de puits NZ34 s’est ratatinée dans la cave, les
flowlines fatiguées ont rompu et arrosent le manioc. Salut j’y vais.
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