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Almerimar - Las Palmas (Canaries)
Nous quittons la marina d'Almerimar officiellement afin d'attendre la fin
d'un bon Sud-ouest de 30 nœuds en plein sur le route du rocher.
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En vérité, je vous le dis, après l'achat de 2
jambons espagnols à El Ejido chez La Alpujarrra. J'ai hésité sur
l'achat de l'authentique couteau jambon, longue lame effilée, une
fine lame de Tolède! J'ai hésité, j'allais le regretter.
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Et puis en avant pour la risée Perkins, avec un ou deux moteurs car à
mesure de l'avancée vers le détroit le courant contraire prélève sa taxe sur
la vitesse GPS. Un courant de marée assez puissant pour propulser des masses
d'eau de l'Atlantique vers la Méditerranée. Nous avions pourtant bien étudier
l'abaque des courants afin d'ajuster notre passage du détroit avec un courant
sortant improbable. Mais l'océan n'a pas voulu suivre les indications du
guide, et le flot a simplement été plus ou moins négatif. Un passage du
détroit dans les bancs de brume plus ou moins denses. Plutôt plus
d'ailleurs. Visibilité de 100 à 500 mètres, sirènes des cargos qui nous
entourent, heureusement Loulou est là qui connaît les règles: Un coup de
corne de brume, il passe à droite, deux coups à gauche. Il veut dire à
Tribord et bâbord, c'est évident. C'est aussi notre spécialiste navigation électronique:
une oreille à la VHF, une autre à la BLU, un oeil sur le radar, l'autre sur le
GPS.
C'est sécurisant. Et permet de rester à l'abri du dog house dans le frimas
et la froidure. A quelques 20 milles d'Almérimar, le skipper plus primaire, plus primate
dirait mon psy préférée, tombé de sa bannette avant
l'heure, coupe les moteurs en ouvrant ses mirettes dans le noir,
pour éviter un catamaran au moteur en route de collision 30m
sur l'avant. Explication de texte du skipper, et justification de l'équipage;
parait-il c'est l'angle mort dû au mat qui l'a occulté de l'écran
radar....Bon.
Moralité 1 : Les yeux fonctionnent mieux que le radar par nuit claire.
D'autant que Deux heures plus tard, en entrant de nuit dans le port
d'Almérimar, deux
bateaux sans feux de mouillage se balancent à l'ancre devant l'entrée du
port, Alex à l'avant devine les silhouettes en contre-jour des lumières
de la ville , en contre-nuit devrais-je dire.
Verdict de Loulou: Rien devant. Bon j'exagère, c'est verdict du radar, car il
lit le radar qui ne lit rien. Faudra que je re-mesure la taille du mat: Je dois
avoir un séquoia dans l'emplanture pour justifier l'ouverture de l'angle
mort.
Moralité 2: La lecture radar est efficace à condition de passer plusieurs
minutes face à l'écran afin d'éliminer d'une part les échos parasites, de
repérer les faibles échos qu'on a manqué lors du passage du faisceau.
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On en rit encore, en filant dans la brume au milieu des
sirènes. Ulysse est loin, les sirènes des temps modernes ont un chant
plus lugubre. Alors pour jouer au grand bateau, nous sortons la
corne de brume et commençons à nous époumoner dans la trompette
à six sous. Un plaisancier nous croise à 500m au vent, on suit ses
pointillés sonores. Nous resterons à la limite du chenal des navires
avant de le traverser en direction des Canaries, en espérant que la
brume se lèvera après le détroit. Les bateaux de pèche sont visibles
au radar, en appliquant la moralité 2. Mais nous pouvons les deviner à
200 mètres, le temps d'ajuster notre course. |
Enfin nous entrons dans les mers ténébreuses, on les nomme ainsi du
temps de Christophe Colomb. La nuit, les dauphins nous allume un
sillage phosphorescent, et virevoltent la nuit à l'étrave dans une gangue scintillante
comme des elfes en habit de lumière, ils nous guident vers la sortie. Alors, juste pour tromper l'ennui, c'est
l'expression consacrée, car ici il n'y a pas d'ennui, l'ennui c'est quand
il n'y a pas d'ennuis, on tente seulement de tromper l'angoisse suscitée
par ces Léviathans qui déboulent dans une bouscaille à couper au
couteau!
Oui, mais voilà: la fine lame de Tolède sert à découper le jambon, mais
surtout à trancher à grands coups de la lame effilée le
brouillard qui stagne sur le détroit.
Et puis par magie en franchissant les colonnes d'Hercule, la brume s'estompe
et reste accrochée sur le rocher. Il était temps, on avait débuté la
traversée du rail il y a déjà une heure, en pariant que l'influence des
grands bretons ayant beaucoup perdu ces derniers temps, le fog ne pourrait pas
durer.
Cap sur les Canaries! Grand ciel bleu, vent portant, qui oscille entre le
travers et le plein vent arrière, juste pour faire valser le tangon et ne plus
vous faire regretter le mer première, et ses perpétuelles manœuvres.
Avec dans l'ordre habituel d'une journée de voile en Mare Nostrum: Moteur, génois+
GV, rouler le gegène, un ris , rouler, deux ris, renvoyer un ris, tangon,
rouler, empanner le tangon, lâcher le ris, affaler le tangon, dérouler le
génois, tout rentrer, border la voile dans l'axe et moteur.
Ne vous inquiétez pas, cela fonctionne aussi dans le désordre, ou à partir
de n'importe quel point de la séquence.
Donc cinq jours de portant pas vraiment tranquille, à cause aussi des
cargos, deux à trois par jour, et de quelques périodes avec 30 nœuds de vent.
La mise en jambes de chacun, la reprise des quarts 3 heures/3 heures. Finalement
bien qu'à trois, nous alternerons en deux quarts: équipiers et Skipper,
car le tour d'horizon des 10 minutes, avec les yeux s'il vous plait, disparaît
parfois dans les nimbes du sommeil de certains, et les réglages de voile remis
d'office au quart suivant, c'est une question d'inertie soi-disant. Quelle
corvée, il faut régler les voiles sur un voilier, si si!
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Alors pour conserver
la paix, trois colombes de voyage nous font un brin de conduite. Éreintées
par un trop long parcours, une d'elles nous accompagnera jusqu'au ponton. |
Et puis une arrivée à Las Palmas, direct à la marina. Une équipe est là;
même en dehors des heures d'ouverture pour vous indiquer la pane: "No te
preocuppa" , pour les papiers on verra demain. La police du port effectue des
rondes en permanence de jour comme de nuit, ce qui nous permet de recharger nos
stocks d'adrénaline. C'est une denrée que le skipper consomme passablement.
Bien que le mouillage soit protégé et gratuit, le climat est passablement tropical,
et les annexes s'évaporent déjà.
Morale 3: il faut laisser l'annexe dans une marina lorsqu'on descend en
ville, bien qu'à Gibraltar elles s'évaporent également.
Sinon, comme nos jeunes voisins, on finit quand même à la marina, puisqu'on
n'a plus d'annexe, pour en acheter une. Le tarif du port est nettement moins
cher. A titre indicatif 75Euros pour 15.3m, pour 5 nuits. Le virgule 3 est
important!
Un bon point et un grand merci à tous les hommes de quart et les capitaines
des ferries, cargos, tankers et tous les Léviathans d'acier, ils se sont tous
détournés de notre route, même lorsque nous étions au moteur.
Au revoir André qui nous quitte aux Canaries. Il n'a pu laisser ses
problèmes de terriens sur le quai: magie du portable, magie noire j'entends.
Notre estimation de la constante de gravitation n'était pas la même soit
mais un vrai maître-queue, dommage qu'il ne puisse plus exercer ses
talents à bord.
Un grand Merci à Jacques notre support BLU qui nous réconforte et nous
guide, et nous envoie des prévisions météo à plus long terme.
Et bien sur, une tendre pensée pour ma Pénélope sans qui, rien de cela ne
serait possible!
A suivre : Las palmas aux Canaries
Autrement
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